lundi 11 avril 2011

DE PROFUNDIS : L'ENCLAVE DES PAPES


LAISSEREZ-VOUS L’ENCLAVE DES PAPES MOURIR ?
Cette question peut paraître saugrenue car en effet pour certains elle est déjà morte !
Mais pour de nombreux autres – dont je suis- il existe encore une identité qui n’aurait demandé qu’à être promue depuis 40 ans pour faire un atout de ses différences. Rappelons à ceux qui auraient la mémoire courte qu’en 1970 le président du Conseil général de Vaucluse était le maire de Valréas et qu’il criait aux ministres de la République, au nonce apostolique du pape : « Qui ne connaît pas l’Enclave..ne connaît pas la France ! ». On juge de la marche arrière accomplie .
Mais il existe ici , comme partout ailleurs, un ennemi intérieur, un parti de l’étranger ( !) qui, à chaque occasion, fait le lit de ceux qui veulent notre mort en adoptant leurs arguments fallacieux. Ce fut vrai pour détruire les remparts,pour le chemin de fer, pour la justice de paix , pour le lycée, pour la demande UNESCO, pour les usines et les cartonnages, pour la maternité, pour le vin Enclave des papes…La seule fois en 40 ans où cela n’a pas marché c’est pour le dépôt d’ordures que d’aucun voulait nous imposer !!
Et maintenant c’est l’Enclave des papes en entier qui est en train de perdre jusqu’à son nom et son histoire tournée vers la Provence , le Vaucluse et les papes pour la rattacher à Rhône-Alpes , à la Drôme, au nucléaire, tout ça parce que des politiques et des grands (!) serviteurs de l’Etat ont décidé d’écrire l’histoire et la géographie de notre pays à grand coup de crayons sur une carte sans compter des réalités humaines, historiques, économiques, géographiques, touristiques ( et j’en oublie) de notre Pays….(Voir articles dans la presse sur la nouvelle identité territoriale).
Et bien sûr déjà les caciques – qui ont tout compris – brandissent l’argument imparable de la promesse de plus d’argent.Outre que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent (et non ceux qui les tiennent !) c’est la même démarche qui avait fait promettre un Lycée technique contre le Lycée ( on eût un joli collège d’enseignement technique), un plan cartonnage devant relancer l’activité, des maternités très opérationnelles et accueillantes ( Montélimar et Orange en surchauffe renvoyant les femmes accoucher à Valréas !). Et là l’argent vous l’aurez comme pour la suppression de la taxe professionnelle - une fois - et après débrouillez-vous et répartissez la pénurie entre vous. Et ce sont toujours les plus gros qui se servent en premier.
Ce que veut nous imposer cette réforme annoncée pour dans quelques mois et que l’on veut nous imposer à un train d’enfer c’est après la disparition de notre identité,de notre Communauté de Communes, celle de notre Office de tourisme, de notre nom (car il ne restera que ça sans aucune réalité derrière), pour tout regrouper dans une région qui ira de Pierrelatte et Saint-Paul à Grignan, c'est-à-dire dissoudre l’Enclave dans le Tricastin.Ce qui aurait pu faire plaisir à Rodolphe Bringer car il disait que l’Enclave était Tricastine mais qui soulignait aussi qu’elle avait toute sa légitimité à être aussi provençale.
Qu’on ne se méprenne pas je n’ai rien contre les drômois, j’ai travaillé ces dix dernières années avec eux et pour eux, et c’est bien sûr avec eux qu’il faut créer un territoire cohérent ( mais n’existe-t-il pas déjà avec le Pays « Une Autre Provence » ?), non je demande aux politiques de notre région d’exiger que la démocratie, la concertation, l’histoire et la géographie soient respectées. Il y a bientôt des élections- dans un an. Ceux qui veulent nous imposer leur volonté malgré nous devront rendre des comptes dans les urnes.
Photo : Ne tirez-pas sur l'Enclave ! Bien assez s'en chargent !

3 commentaires:

Alain a dit…

Il manque à cet article vigoureux, véhément et fondé, le simple rappel que le futur périmètre des communautés de communes/d'agglo est au coeur de l'argument de Marc Olivier. L'Enclave étant constituée en communauté de communes, l'absorption de la CC signifiant la disparition de l'Enclave.
Le caractère autoritaire et le raisonnement administratif du projet posent un problème politique grave, de déni du minimum décent de démocratie. Sans parler des acquis de la décentralisation qui ont montré que ls collectivités n'étaient pas des organes débiles-pourris-incompétents-etc mais des instances de proximité certes à améliorer mais nécessaires.
Conclusion : la question dépasse de beaucoup la seule Enclave. Celle-ci doit se considérer comme emblématique d'un combat engagé sur le territoire national.
Alain Fauqueur

laurent a dit…

Bonjour,
il ne manque qu'une seule chose à votre bel article; la définition de l'enclave des papes aujourd'hui...

club de la Presse 26/07 a dit…

Ami Marc,
“Tout à fait d’accord pour supprimer l’Enclave des Papes, les départements et autres fariboles héritées des siècles passés. Que diable nous sommes au 21è siècle ! il faut supprimer toutes les références au passé, laisser la place aux marchands, aux financiers de tous poils qui sont là pour faire du profit, du pognon, du pèze, du flouze, de l’arbihe, de l’oseille ... pour nous tondre et nous peler sans cesse avant de nous écorcher vifs.
Supprimons ces attaches hsitorico-sentimentales, laisons la place aux affaires, aux décisions bureaucratico-economico-financières. A notre merveilleuse époque de progrès technologique, informatique, où, dans un clin d’œil on communique instantanément avec l’autre coin de la planète (qui est ronde par ailleurs !), on ne va pas s’embarrasser de références vieilles de plusieurs centaines d’années, d’un temps où l’on prenait le temps de suivre le pas lent des chevaux.
Allons donc, du passé faisons table rase ! ce que les totalitarismes du 20è siècle n’ont pas su réussir, laissons-le faire aux bureaucrates européens et aux technocrates glacés ; uniformisons gaiement nos pays, nos territoires jusqu’à ce qu’il n’y ait plus qu’une planète avec une seule langue, une seule aculture et des moutons bêlants, sans Histoire, sans passé, sans références, sans racines ...
Si nous acceptons la disparition de l’Enclave des Papes, ce sera le premier maillon d’une longue chaine sociale, humaine, culturelle, qui disparaîtra ; si on passe le doigt dans l’engrenage, on finira par y passer la tête ; vous êtes prévenus !”

J-M. C.